Au sein du grand cafouillage que constituent les déclarations des "économistes main-stream' on entend que la zone euro n’est pas une zone monétaire optimale, ce qui est exact, et cela l'empêcherait d'être pérenne, ce qui ne l'est pas. Si on les suivait, pour rendre pérenne la zone euro, il faudrait rajouter une couche supplémentaire de bureaucratie : de la "solidarité" entre les membres (ce que les fonds structurels européens constituent pourtant déjà), pour laquelle la Commission européenne pourrait jouer un rôle d'expertise impartiale, d'entité incorruptible, d'arbitre du mou.
Pourtant, le rôle de la monnaie, pour l'École autrichienne d'économie (les seuls capables de fournir une explication satisfaisante de la crise financière de 2007) et les nouveaux classiques, n'est que de fournir aux agents un moyen d'échange pratique, sécurisé et fiable qui ne connaisse que peu de variation de valeur et si possible pas de variation du tout. Pour les autrichiens, ce n'est pas à unebanque centrale obscure structure administratro-technocratique dirigiste de fixer la valeur de l'argent dans le temps, c'est-à-dire les taux d'intérêt, mais à la rencontre des offreurs et des demandeurs.
Deux éléments, pour ces économistes, constituent des faiblesses de l’euro ; ils en sont pour moi des avantages.
1. Depuis la création de l'euro, les pays de la zone sont forcés d'honorer réellement les dettes qu’ils ont contractées envers d'autres membres de zone. Ceci rentre en contradiction avec la pratique usuelle, qui est de n'en rembourser qu'une partie, grâce à une dévaluation de la monnaie vis-à-vis des principaux partenaires commerciaux. Cette pratique, conjuguée à un rétablissement de l'équilibre des comptes publics par le pays concerné, suffit ; elle doit être régulièrement renouvelée sinon.
2. Autre avantage, selon moi, de la zone euro : les différences de conjoncture entre les pays de la zone empêchent en partie la Banque centrale européenne (BCE) de faire de la politique monétaire conjoncturelle, c'est-à-dire de manipuler sans arrêt les taux d'intérêt au prétexte de faire un réglage fin de l'activité économique pour la porter au niveau de la croissance potentielle sans provoquer durablement d'inflation (sic). Le bon banquier central est celui capable de prévoir les creux conjoncturels 18 mois à l'avance (12 à 18 mois est une des estimations du temps de réaction de l'économie à la politique monétaire) et, en prévision de ces creux conjoncturels, de baisser les taux d'intérêt pour inciter davantage de futurs entrepreneurs à se lancer dans la création d'une activité lucrative. Puis, en prévision des "bosses conjoncturelles" (vous remarquez comme ce terme est peu fréquemment utilisé ?), pour éviter quela dépréciation monétaire continuelle l'inflation ne devienne trop spoliatrice dépasse un seuil arbitraire de 2%, à augmenter les taux d'intérêt pour tuer suffisamment de ces entreprises nouvellement créées. (on notera au passage que les conjoncturistes, par exemple ceux de l'Insee, n'arrivent souvent à prévoir les creux conjoncturels que un à trois mois après qu'ils aient commencés - pour vérifier cela, on peut se référer aux notes de conjoncture de l'Insee de décembre 2002, juin 2008, juin 2009, etc. et les comparer aux données des comptes trimestriels). Au dire des néo-keynésiens, un bon banquier central est celui qui est capable de surprendre le marché, c'est-à-dire - en gros - capable d'empêcher les agents économiques de disposer de prévisions fiables des conditions financières futures. Les agents ont pourtant et avant toute autre chose besoin de stabilité financière : stabilité du pouvoir d'achat de la monnaie, stabilité des taux d'intérêt, ceci pour leur éviter de se lancer dans une activité économique rentable un jour mais plus le lendemain.
Pourtant, le rôle de la monnaie, pour l'École autrichienne d'économie (les seuls capables de fournir une explication satisfaisante de la crise financière de 2007) et les nouveaux classiques, n'est que de fournir aux agents un moyen d'échange pratique, sécurisé et fiable qui ne connaisse que peu de variation de valeur et si possible pas de variation du tout. Pour les autrichiens, ce n'est pas à une
Deux éléments, pour ces économistes, constituent des faiblesses de l’euro ; ils en sont pour moi des avantages.
1. Depuis la création de l'euro, les pays de la zone sont forcés d'honorer réellement les dettes qu’ils ont contractées envers d'autres membres de zone. Ceci rentre en contradiction avec la pratique usuelle, qui est de n'en rembourser qu'une partie, grâce à une dévaluation de la monnaie vis-à-vis des principaux partenaires commerciaux. Cette pratique, conjuguée à un rétablissement de l'équilibre des comptes publics par le pays concerné, suffit ; elle doit être régulièrement renouvelée sinon.
2. Autre avantage, selon moi, de la zone euro : les différences de conjoncture entre les pays de la zone empêchent en partie la Banque centrale européenne (BCE) de faire de la politique monétaire conjoncturelle, c'est-à-dire de manipuler sans arrêt les taux d'intérêt au prétexte de faire un réglage fin de l'activité économique pour la porter au niveau de la croissance potentielle sans provoquer durablement d'inflation (sic). Le bon banquier central est celui capable de prévoir les creux conjoncturels 18 mois à l'avance (12 à 18 mois est une des estimations du temps de réaction de l'économie à la politique monétaire) et, en prévision de ces creux conjoncturels, de baisser les taux d'intérêt pour inciter davantage de futurs entrepreneurs à se lancer dans la création d'une activité lucrative. Puis, en prévision des "bosses conjoncturelles" (vous remarquez comme ce terme est peu fréquemment utilisé ?), pour éviter que
Conséquences à tirer
Les désastres économiques du siècle passé ont conduit à retirer le pouvoir monétaire des mains des hommes politiques, mais pour les confier à des économistes censés être, dans leur tour d'ivoire, indépendants. Ils sont néanmoins nommés et renouvelés (Bernanke l'a discrètement été par Obama en 2009) par le pouvoir. Cependant, le mythe précaire de banquiers centraux omniscients et incorruptibles, sorte de fusion entre le technocrate parfait et Casimir, gardien suprême
Il est temps de parachever le travail en retirant tout pouvoir monétaire des mains des économistes néo-keynésiens pour le rendre enfin aux marchés et à la saine concurrence. Seul ceci nous amènera une monnaie stable, dont la valeur pourra par exemple être définie contractuellement, et que les agents, délivrés du monopole de la fausse-monnaie étatique, ne manqueront pas sélectionner parmi les offreurs de monnaie privé. On rappellera que ce rôle de banque centrale a été assuré pendant des siècles, pour le meilleur, par le secteur privé, et vers la fin du millénaire, pour le pire, par les leaders politiques. Aux États-Unis au XIXe siècle, la monnaie, basée des étalons métalliques, gagnait même progressivement de la valeur grâce à une lente et heureuse déflation, pour le plus grand bonheur des épargnants.
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